Prendre en compte la diversité des élèves

Chapô
Dès vos premiers jours, vous verrez que chaque élève est unique, qu’il s’agisse de sa personnalité, de sa condition physique ou de sa facilité ou non à apprendre. Pour autant, votre mission sera de permettre à tous les élèves – sans exception – d’avancer dans leur scolarité. 
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La différenciation en classe

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Différencier ses enseignements est indispensable en classe, compte tenu de la diversité de vos élèves. Comment adapter votre enseignement pour tenir compte de leurs différences de niveaux ? Quels dispositifs peut-on mettre en œuvre en classe pour favoriser les apprentissages de tous ?

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La différenciation en classe est indispensable. Elle est même obligatoire parce que, par définition, notre classe est hétérogène, on a des profils différents. Et on doit être capables de proposer des enseignements en partant du niveau réel des élèves. C'est une problématique parce qu'on a d'un côté un programme à dérouler, qui est commun à tous, et en même temps, on a une réalité en termes de niveau scolaire des élèves qui sont différents. Ça veut dire qu'on ne peut pas se contenter de dérouler le programme de façon frontale, en espérant que tous les élèves s'en saisissent de façon égale, il va falloir adapter. Certains élèves qui ont déjà compris, sans même qu'on leur explique et qui avaient déjà ce savoir-là. Des élèves qui sont à des années lumières parce qu'ils sont non-francophones, parce qu'ils sont dans le champ du handicap, parce qu'ils débarquent du jour au lendemain dans la classe et qu'ils n'ont pas assisté au début de la séance... Donc voilà, cet enseignement, je suis bien obligé de l'adapter, de l'adapter pour que chaque enfant en profite. Pour organiser cette différenciation, dans ma classe, par exemple, c'est relativement simple, c'est-à-dire que j'ai des temps de classe relativement collectifs, où on aborde les notions nouvelles de façon générale, où on déroule le programme, où il y a beaucoup d'oral, où les élèves interagissent entre eux, profitent des savoirs des uns et des autres, on fait des travaux de groupe, on a des interactions entre membres : l'enseignant et les élèves, des élèves entre eux, on découvre de nouvelles notions, on met des situations-problèmes… Ça, ce sont des temps collectifs et en même temps j'essaie, petit à petit, tout au long de l'année, d'organiser dans la classe des temps différenciés, des temps où les élèves vont avoir, vont partir de leur propre niveau. En caricaturant un peu, la leçon traditionnelle, ça va être : l'enseignant fait sa leçon, fait une situation de découverte, puis fait sa leçon, puis donne des exercices, puis il fait l'évaluation. Quand on a ce genre d'organisation de classe, très vite, quand on en arrive à la phase des exercices, si on propose trois exercices à faire à l'ensemble de la classe, les mêmes, très vite, on se rend compte que dès les premières minutes, certains ont déjà fini, d'autres n'ont pas encore commencé, et puis, la masse du milieu, le groupe moyen, fait ce qu'il peut pour aller au bout des trois exercices. On se rend compte que ce n'est pas satisfaisant. Donc ce temps d'exercice, eh bien, on finit par le détacher à un autre moment, sur un autre temps où on va nourrir les élèves, à leur faim, et un tout petit peu plus, pour les bousculer un peu, pour les laisser avec un peu d'obstacles, quand même. Les élèves qui sont à l'aise, eh bien, on va leur proposer des exercices plus denses, plus complexes à faire, sur cette notion-là qu'on a étudié ensemble. Les élèves moyens, on va continuer à les... ils vont finir les exercices qui avaient été donnés, et on va pouvoir aller aider directement les élèves vraiment fragiles et en difficulté. Ça permet aux élèves qui sont à l'aise de gagner aussi en autonomie, c'est-à-dire on va leur laisser de la liberté dans les outils, dans le choix des fiches, on va leur confier des outils autocorrectifs, on va leur faire confiance pour ça et ils vont avancer seuls sur leur parcours, on va leur baliser, leur donner la carte et ils vont avancer tous seuls sur le chemin. Pendant ce temps, ça nous libère du temps avec un groupe plus petit pour des élèves qui ont plus besoin de l'intervention et du pilotage de l'adulte.
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Quelques réflexes à adopter dès la rentrée

  • Identifiez les élèves qui ont des besoins particuliers « reconnus », pour des raisons :
    • physiques (aveugle ou malvoyant, sourd ou malentendant, élève présentant des troubles moteurs, etc.) ;
    • médicales (diabétique, épileptique, etc.) ;
    • cognitives (élèves présentant des troubles neurodéveloppementaux comme la dyslexie, la dysphasie, l'autisme, etc.).
    Du fait de cette reconnaissance, ces élèves ont des droits et vous avez des devoirs à leur égard.

  • Prenez connaissance dès que possible des documents institutionnels relatifs aux élèves ayant des besoins éducatifs particuliers afin de savoir quelles actions vous devrez mettre en place auprès d'eux. Pour cela, rapprochez-vous de vos collègues ou des personnels de la vie scolaire qui sauront vous dire quels plans ou projets concernent ces élèves. Il en existe plusieurs sortes :
    • Le PAI : plan d'accueil individualisé ;
    • Le PPRE : programme personnalisé de réussite éducative ;
    • Le PAP : plan d'accompagnement personnalisé ;
    • Le PPS : projet personnalisé de scolarisation.

  • Observez si certains élèves ont des difficultés ou des besoins particuliers « non reconnus ». La reconnaissance des difficultés des élèves s'inscrit dans la durée. Certains de vos élèves peuvent avoir été signalés et d'autres non. Il est primordial de ne pas poser vous-même un diagnostic – qui relève de professionnels de santé – et de dialoguer avec les membres de la communauté éducative à ce sujet. Le cas échéant, il sera utile de référencer par écrit les difficultés remarquées et les premières solutions mises en œuvre.

  • Rapprochez-vous des personnes ressources qui connaissent les élèves concernés : vos collègues, le directeur de l'école ainsi que les membres du Rased (Réseau d'aide spécialisée aux élèves en difficulté) et les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).

  • Instaurez un climat de classe favorable. C'est indispensable pour enseigner dans de bonnes conditions et favoriser les apprentissages de tous les élèves, quels que soient leurs différences et leurs besoins éducatifs particuliers. Pour cela, la bienveillance – privilégier les échanges positifs – et la sécurité – éviter les accidents – sont essentielles, particulièrement lors des premiers contacts avec vos élèves.
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FAQ de l’école inclusive

Qu’est-ce qu’un projet d’accueil individualisé (PAI) ?
Le projet d'accueil individualisé (PAI) est un document écrit qui précise les adaptations à apporter à la vie de l'enfant ou de l'adolescent en collectivité (crèche, école, collège, lycée, centre de loisirs). Il concerne les enfants et adolescents atteints de troubles de la santé comme une pathologie chronique (par exemple, l'asthme), une allergie, une intolérance alimentaire. Les enfants et adolescents atteints d'une maladie de longue durée (par exemple, un cancer) sont aussi concernés.
Le PAI peut concerner le temps scolaire, mais aussi le temps périscolaire, c’est-à-dire les heures qui se déroulent avant et après la classe, et durant lesquelles un encadrement est proposé aux enfants scolarisés. Il se nomme ainsi parfois PAIP (pour « projet d'accueil individualisé périscolaire »).
Le directeur d’école ou chef d’établissement peut vous fournir le PAI de vos élèves.

Qu’est-ce qu’un PAP ? Quelle est la différence avec un PPRE ? Ou un PPS  ?
Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) est un dispositif qui contractualise les aménagements et adaptations nécessaires dans le parcours scolaire pour des élèves qui rencontrent des difficultés liées à un ou des troubles du langage et de l’apprentissage (entre autres, les troubles « dys »). Il concerne aussi bien les élèves du primaire que du secondaire.
Le plan personnalisé de réussite éducative (PPRE) est différent car il s’agit d’un dispositif d’accompagnement de courte durée pour tous les élèves rencontrant des difficultés de maîtrise des connaissances et compétences scolaires.
Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) est un dispositif qui s’adresse à des élèves reconnus en situation de handicap. Il contractualise les modalités particulières (organisation, matériel et aménagements pédagogiques, etc.) du déroulement de la scolarité en fonction des besoins déterminés, entre autres, par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Il concerne les élèves de tous les niveaux.

Où trouver les documents de suivi de mes élèves ?
Les documents de suivi de vos élèves doivent être adossés aux fiches de renseignements des élèves. Le directeur d’école possède aussi ces documents, il peut vous aider à les retrouver et à en prendre connaissance.
Le Livret de parcours inclusif (LPI) a également pu être mis en place pour l’élève concerné. C’est un outil numérique de suivi du parcours des élèves à besoins éducatifs particuliers. Il est consultable par les familles, les personnels de l’éducation nationale, les professionnels médico-sociaux et les agents des maisons départementales des personnes handicapées.

Quel est le rôle d’AESH ? Comment me positionner par rapport à lui ?
Un AESH est une aide humaine pour un ou plusieurs élèves en situation de handicap, en fonction de son contrat. Cette personne est là pour aider ces élèves, aussi bien dans leurs tâches de vie quotidiennes (déplacements, aides sur les temps de pause) que dans leurs travaux scolaires (prise de notes, aide à l’organisation et à la mise au travail, lecture des consignes, manipulation des objets). Ces missions sont définies dans le projet personnalisé de scolarisation (PPS) de l’élève. L’AESH n’est pas responsable de la pédagogie et ne peut donc pas proposer de lui-même des activités pédagogiques et adapter pédagogiquement le contenu. Il intervient uniquement auprès des élèves qui lui sont assignés. Il est placé sous la responsabilité de l’enseignant.

J’ai un élève avec un trouble neurodéveloppemental de type « dys » : quelles répercussions sur son travail ?
Un élève avec un trouble neurodéveloppemental peut présenter différentes difficultés dans la réalisation de tâches scolaires ou quotidiennes, notamment en ce qui concerne le langage oral ou écrit et la mémorisation. Il existe différents types de troubles neurodéveloppementaux : les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie), les troubles de l’acquisition des gestes volontaires (dyspraxie), les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA ou TDAH). Ces troubles ont un impact au niveau de l’attention, de la mémoire de travail et à long terme, de la distractibilité, du temps de traitement des informations et de l’estime de soi. La fatigabilité de ces élèves est à prendre en compte. La double tâche est difficile à réaliser pour eux, quel que soit le trouble.

Qu’est-ce qu’un primo-arrivant ? Un élève allophone ? Comment l’intégrer dans ma classe ?
Lorsque l'on parle d'élève allophone nouvellement arrivé (EANA), on parle de tout élève entré sur le territoire national depuis moins d'un an, maîtrisant une ou plusieurs langues autres que le français, langue de scolarisation. L’élève allophone ne parle pas encore le français assez couramment pour comprendre tous ses cours et ce qui se passe autour de lui dans son environnement scolaire.
L'élève non scolarisé antérieurement (NSA) n'a pas les codes de l'école. Il est non-lecteur dans sa langue maternelle. Il a des compétences dans sa ou ses langues, sa culture. Il est important de savoir que l'adaptation d'un NSA prend du temps car l'élève découvre à la fois l'école et le système scolaire français. Pour ces élèves, le français langue de scolarisation (FLSco) est la langue utilisée pour construire les savoirs.
Ce public est souvent pris en charge par le Casnav (Centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs) qui le positionne dans le dispositif répondant à ses besoins. Quelle que soit leur structure d'accueil, ces enfants sont suivis par un professeur de FLSco (Français langue de scolarisation). Celui-ci leur offre un accompagnement langagier et social afin de favoriser leur épanouissement dans l’établissement et en classe. Il arrive parfois que son intervention ait lieu pendant un cours. Il est normal que votre élève allophone s’absente de la classe pour cela. Pour lui permettre de récupérer ce cours, vous pouvez le lui envoyer par courrier électronique, via l’ENT (dans le 2nd degré) ou le lui transmettre en main propre.

Assistance technique