Évaluer les apprentissages

Chapô
L’évaluation joue un rôle essentiel dans la construction des apprentissages et la réussite de vos élèves. Elle vous permet de savoir si les compétences travaillées en classe sont maîtrisées. Aussi importe-t-il de bien préparer, en amont, cette étape de votre enseignement. 
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Depuis la réforme du baccalauréat entrée en vigueur en septembre 2018 :

  • 40 % de la note finale du baccalauréat sont déterminés par le contrôle continu. On prend en compte les moyennes obtenues de 1re et terminale dans les disciplines qui ne font pas l’objet d’une épreuve finale ;
  • 60 % de la note finale du baccalauréat sont déterminés par les épreuves terminales (français, enseignements de spécialité au choix, épreuve de philosophie et Grand oral en lien avec le ou les enseignements de spécialité).

La place du contrôle continu est renforcée par la réforme, mais aussi par la procédure Parcoursup : les élèves doivent fournir leurs bulletins scolaires de 1re et les bulletins des premier et deuxième trimestres (ou du premier semestre) de la classe de terminale. 

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L’évaluation au lycée

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Parce que les notes comptent en partie pour le baccalauréat et les choix d’orientation, l’évaluation constitue un enjeu fort en lycée. Comment appréhender cette question lorsque l’on débute dans le métier d’enseignant ? Quelles formes d’évaluation privilégier et pourquoi ?

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Évaluer au lycée, c'est certainement une des fonctions principales attendues par toute une partie des parents, des élèves, de l'institution, c’est-à-dire que l'évaluation en lycée est très importante puisque les notes comptent pour Parcoursup et donc sont assez fondamentales. Il y a un enjeu très fort autour de l'évaluation, et votre rôle, en tant qu'enseignant, c'est de remettre l'enjeu à sa juste place. Cela ne veut pas dire ni être démagogue, ni être trop exigeant, mais cela signifie que vous évaluez des notions et des compétences qui sont dans les programmes, et vos choix d'évaluation doivent être anticipés. Une évaluation, ça ne se prépare pas en fin de parcours, en fin de séquence, mais ça se pense dès le début de la séquence d'apprentissage, dès le début du chapitre. Je vous rappelle aussi que l'évaluation, ce n'est pas forcément un devoir sur table individuelle. Vous pouvez avoir différents types d'évaluations : qu'elles soient de groupe, à la maison, orales, écrites. J'insiste aussi sur la dimension orale de l'évaluation, qui est aujourd'hui beaucoup plus importante en lycée, puisque les élèves passent un Grand oral à la fin du lycée et qu'il est donc essentiel de travailler ces compétences orales au moment de l'évaluation. Et puis, rappelez-vous que les évaluations ne sont pas que sommatives, elles ne sont pas là uniquement pour valider les compétences des élèves, mais elles peuvent aussi être formatives, c’est-à-dire qu'elles peuvent aider les élèves à comprendre où ils en sont de leur niveau de compétences, sans qu'il y ait forcément une note. Vous pouvez aussi proposer des évaluations diagnostiques : évaluer en début de séquence, au moment de l’introduction d’une notion, ce que savent déjà les élèves. L'évaluation au lycée, ce n'est pas seulement la notation. Comme dans tout le système scolaire, c'est un outil au service de la réussite des élèves, de l'acquisition de compétences, du positionnement des élèves dans une échelle de compétences, afin de les aider à mieux comprendre leurs forces et leurs faiblesses dans leur apprentissage et à progresser tout au long de leur scolarité.
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Déconstruire certaines idées reçues sur les évaluations

Une évaluation n’est pas toujours synonyme de devoir sur table et n’implique pas forcément un résultat sous forme de note. Elle peut s’apparenter à un simple jeu de questions-réponses avec les élèves, avant une activité, pour connaître leur niveau de connaissance ou, en cours de séquence, à la réalisation d’exercices pour jauger les progrès de chacun.

Une évaluation n’a pas lieu uniquement en fin de séquence pour déterminer si les apprentissages ont été acquis ou non. C’est le cas de l’évaluation dite  « sommative » , mais ce n’est pas la seule à laquelle vous pourrez recourir. Avant et pendant la séquence, vous aurez à effectuer des évaluations, orales ou écrites, pour suivre l’avancée des apprentissages de vos élèves.

Une évaluation, tout comme un feedback, n’est pas toujours écrite. À ce titre, vous serez amené à effectuer des feedbacks, le plus souvent oraux, à vos élèves tout au long de vos séquences. Pour les encourager, leur rappeler certaines règles de travail, leur expliquer certains points mal compris, etc. Ce suivi continu est essentiel pour la vérification des apprentissages.

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Quelques points à garder en tête

Au cours de la séquence, appuyez-vous sur les différents types d’évaluation : (diagnostiques, formatives, sommatives) et variez les mises en activité (travail individuel, par binôme, en groupe ; travail à l’oral, à l’écrit). Prenez le temps d’observer les élèves qui travaillent en autonomie et de leur fournir des conseils individualisés.

Un devoir permet d’évaluer un nombre limité de savoirs et de compétences (deux ou trois maximum). À vous de bien les définir et d’en sélectionner en fonction des thèmes abordés. Pensez l’évaluation dès l’étape de préparation de la séquence et expliquez clairement aux élèves les objectifs visés.

Il est possible d’évaluer par note ou par niveau de compétence (maîtrise insuffisante, fragile, satisfaisante, très bonne maîtrise). Cela relève d’un choix de l’établissement : aussi, renseignez-vous auprès de vos collègues. Si vous évaluez par notes, il vous faudra les convertir en compétences, afin de compléter les bilans périodiques et/ou de fin de cycle.

Laissez aussi aux élèves la possibilité de s’auto-évaluer. En début de période, vous pouvez également leur distribuer un tableau global avec toutes les compétences travaillées. Régulièrement, ils pourront y reporter leur niveau pour chacune d’elles et, ainsi, mesurer leurs progrès et leurs points à perfectionner. Pour cela, il est important de leur indiquer les compétences qui seront travaillées pendant les activités, y compris lors des différentes évaluations que vous effectuerez en cours et en fin de séquence.

Certains élèves peuvent afficher une certaine incompréhension devant les résultats obtenus. Dans ce cas, il est utile de prendre un temps individualisé, à la fin du cours par exemple, pour réexpliquer les critères d’évaluation. En plus de dissiper les éventuels malentendus, cela permet souvent de renforcer la relation de confiance avec eux.

La gestion des retards concernant la remise d’un travail fait à la maison est propre à chaque enseignant. Certains vont être intransigeants sur les délais affichés afin d’habituer les élèves au respect de la règle établie. Pour d’autres, accorder un délai supplémentaire peut permettre d’obtenir plus de travail personnel de la part d’élèves peu investis dans leur scolarité. À cet égard, il faut garder à l’esprit que l’évaluation de devoirs réalisés à la maison renforce les inégalités entre les élèves bénéficiant ou non d’un soutien à leur apprentissage au sein de leur cellule familiale. Aussi, convient-il de s’adapter au contexte particulier de chaque situation (élève, classe, établissement, période de l’année, etc.).

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5 conseils pour rédiger vos appréciations

Les appréciations qui accompagnent les évaluations peuvent avoir une grande influence sur la motivation, la confiance en soi et la progression des élèves. Vous devez y prêter une attention particulière car elles ont vocation à être lues par les élèves, mais aussi par leurs parents. 

Voici quelques conseils pour vous aider à rédiger les appréciations, commentaires ou feedbacks que vous laisserez sur les copies de vos élèves après avoir effectué une évaluation de fin de séquence. Ou encore s’agissant des commentaires que vous rédigerez dans leurs bulletins. 

  • Le commentaire doit porter sur le travail accompli et non sur l’élève lui-même (éviter de parler d’un « élève sérieux » ou de « ses capacités »).
  • Il doit faire ressortir l’écart entre le travail produit et les attendus, et expliquer comment le réduire (formuler des conseils méthodologiques si la maîtrise d’une compétence est encore fragile).
  • Il fournit des informations précises sur les objectifs visés (l’appréciation fait référence aux compétences à atteindre ; aux difficultés rencontrées et aux moyens de progresser).
  • Il doit pouvoir être réutilisé par l’élève dans d’autres situations, pour qu’il constate par lui-même les progrès réalisés (tableau annuel des compétences dans lequel l’élève indique sa progression).
  • Il faut éviter l’évaluation comparative qui met en parallèle les performances de l’élève et celles des autres (on met en avant les progrès effectués dans le cadre d’une évaluation bienveillante).
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Évaluation à l’oral

Depuis la réforme du baccalauréat, la dimension orale de l’examen final a été renforcée par l’introduction de l’épreuve du Grand oral. Vous serez sollicité pour y préparer les élèves ou faire partie du jury. Voici quelques conseils pratiques à mettre en œuvre en classe. 

Tout au long de l’année scolaire, vous serez amené à valoriser la prise de parole des élèves. Il est important d’expliquer aux élèves les critères et les attendus d’une évaluation orale (par exemple, à l’aide de grilles d’indicateurs de réussite).

Travailler l’oralité peut prendre différentes formes (lecture de textes, organisation d’un débat entre élèves, exposés, restitution de cours). L’évaluation de l’oral est donc constante et variée mais, là encore, elle ne s’accompagne pas toujours d’une notation chiffrée. Il s’agit avant tout d’entraîner les élèves, individuellement et collectivement, à prendre confiance en les aidant à travailler tant la forme (voix, posture, gestes) que le contenu (structuration et précision d’une intervention orale).

Quand évaluer l’oral ?

À chaque séance | En proposant un temps oral de restitution d’une partie du cours par un élève volontaire ; en valorisant la pertinence de certaines interventions ou passages au tableau ; en permettant à des élèves plus introvertis de bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour oser prendre la parole.

En organisant des temps de passage à l’oral | En groupes ou individuellement, il s’agit aussi d’habituer les élèves à des travaux de type exposés qui leur seront beaucoup demandés au cours de leur scolarité post-bac.

Comment noter l’oral ?

Pour une bonne préparation d’un oral de type exposé, pensez à bien rappeler les attendus du travail et à favoriser une bonne répartition de la parole au sein du groupe. Des grilles d’évaluation permettent d’assurer un meilleur feedback auprès des élèves.
Vous pouvez valoriser la prise de parole régulière (et pertinente !) des élèves qui sont particulièrement investis au cours de la période d’évaluation en utilisant un système de bonus ou d’arrondis de moyennes.

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FAQ de l’évaluation au lycée

Combien de temps est nécessaire pour une évaluation ?

En classe, elle correspond au créneau que vous avez prévu (une ou deux heures), avec la possibilité d’adapter le temps selon les élèves. Attention, certains bénéficient obligatoirement d’un tiers-temps supplémentaire, notamment en cas de difficultés médicales ou d’apprentissage.
À la maison, il est conseillé d’indiquer une durée indicative et de demander aux élèves de préciser le temps réellement consacré. Cela permet d’évaluer plus justement leur travail et de les accompagner dans l’amélioration de leurs méthodes.

Peut-on poser des questions à l’enseignant durant l’évaluation ?

En classe, les échanges sont généralement limités après la distribution du sujet, afin de respecter les conditions d’examen. L’enseignant peut toutefois choisir son niveau d’intervention : rester silencieux, répondre uniquement à des questions pratiques ou préciser certaines consignes.
À la maison, le rôle de l’enseignant doit aussi être défini : répondre ou non aux questions éventuelles des élèves (et sur quels aspects), par mail par exemple, accepter ou non de relire des brouillons. Ces modalités relèvent de choix pédagogiques à clarifier.

Comment réagir face à certaines situations particulières lors d’une évaluation ?

Si un élève refuse de travailler ou décroche complètement, les possibilités d’action immédiates sont limitées. Il est possible d’engager un court dialogue pour comprendre son refus, mais sans pouvoir le contraindre à produire. Cette attitude peut révéler un malaise plus profond (décrochage, conflit, perte de sens). Il est donc important d’en reparler après l’évaluation, dans un cadre calme, et d’en informer le professeur principal afin de réfléchir collectivement à des solutions.

Si un élève, pourtant préparé, perd ses moyens, il est utile d’intervenir avec bienveillance : s’approcher, rassurer, proposer une courte pause ou un aménagement ponctuel du travail. Un échange ultérieur permettra de mieux identifier l’origine du blocage (méthode de travail, stress) et de proposer des pistes d’accompagnement adaptées.

Enfin, certains élèves évitent les évaluations en s’absentant régulièrement. Dans ce cas, l’enseignant ne peut pas agir seul : il est essentiel de prévenir rapidement l’équipe éducative pour construire une réponse coordonnée. Les sanctions isolées, comme les heures de retenue, ont généralement peu d’efficacité sur le long terme.

En quoi consiste un conseil de classe ?

Des bilans périodiques permettent de faire le point sur les acquis, les progrès et les difficultés des élèves. C’est le cas lors des conseils de classe, présidés par le chef d’établissement ou son adjoint. Ils regroupent les professeurs de l’équipe pédagogique, ainsi que des représentants des parents et des élèves (délégués de classe titulaires ou suppléants). Ils ont lieu par trimestre ou par semestre, selon les établissements.

Ces temps de bilan permettent également de faire le point avec la vie scolaire, la psychologue de l’Éducation nationale, l’assistante sociale, le médecin scolaire. Ils peuvent être l’occasion d’alerter les équipes sur la nécessité d’une prise en charge de besoins particuliers.

En amont du conseil de classe, chaque professeur remplit un bilan écrit ou bulletin scolaire pour chaque élève, classé par discipline, en donnant des indications sur les éléments du programme et les compétences travaillées. Grâce à une échelle de notation accompagnée d’une appréciation, il renseigne sur les acquis de l’élève, ses difficultés et sa marge de progression. C’est au professeur principal de faire le bilan global en proposant une appréciation générale à valider par le conseil de classe.

La participation de chaque professeur au conseil de classe est vivement conseillée. Toutefois, selon les disciplines, certains enseignants peuvent avoir en charge un nombre important de classes. Il est possible qu’ils ne puissent pas assister à tous les conseils de classe, ces derniers se déroulant à la même période, voire au même moment. En cas d’absence, l’enseignant doit communiquer ses remarques au professeur principal.

Comment se déroule un conseil de classe ?

En début de conseil de classe, le professeur principal effectue un état des lieux du contexte de classe (points forts et difficultés rencontrées). Les professeurs présents sont invités à formuler des observations spécifiques pour chaque discipline. Les délégués des parents et des élèves sont ensuite sollicités pour relayer d’éventuelles remarques ou interrogations à ce sujet.

À la lecture du bilan de chaque élève, le professeur principal propose une appréciation globale. Les professeurs présents sont invités à y apporter des éléments complémentaires et à se prononcer sur la présence éventuelle d’une mention visant à saluer les progrès effectués et le niveau atteint par l’élève (exemples : encouragements, compliments, félicitations, voire tableau d’excellence) ou à mettre en évidence certains obstacles aux apprentissages (exemples : mise en garde sur le travail, comportement, absence).

Quel est l’importance du livret scolaire pour le baccalauréat ?

À la fin de l’année de première et de terminale, les enseignants de lycée général et technologique remplissent le livret scolaire de l’élève. Ils y indiquent les moyennes obtenues par l’élève, les compétences acquises et rédigent une appréciation générale. Ce livret est un outil de référence pour le calcul des moyennes dans les disciplines évaluées en contrôle continu au baccalauréat.
Il aide également les jurys de baccalauréat à la prise de décision pour déterminer si l’élève peut, au vu de son investissement, bénéficier d’un regard favorable pour l’obtention de l’examen ou d’une mention (si sa moyenne est très proche d’un seuil). Pour ce faire, le jury se réfère à l’avis du CPE sur son investissement au cours de sa scolarité et à celui de l’équipe pédagogique, formulé au conseil de classe de fin d’année (très favorable/favorable/doit faire ses preuves).

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