Installer un climat de classe positif

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La recherche montre qu’il existe une relation étroite entre un climat scolaire positif et la réussite des élèves. Quelle place y trouvent la communication et l’expression des émotions de chacun ? Comment anticiper et limiter les conflits ?
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Développer sa posture d'enseignant

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Avec une classe parfois de plus de 35 élèves, éclatée en groupes de spécialités, comment créer une cohésion collective ? Vous allez devoir adapter votre posture d’enseignant pour créer un climat de classe serein.

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Transcription
En lycée général et technologique, vous allez avoir des classes qui sont très grandes en termes de nombre d'élèves. On est sur une moyenne de 35, 36, voire parfois 37 élèves par classe. La spécificité par rapport au collège, notamment, c'est que cette classe, très vite, elle ne va plus constituer un groupe puisque, dès la première, elle va être éclatée entre différents enseignements de spécialité et finalement, la classe, en tant que telle, le groupe classe, il ne se verra que 30 % du temps ensemble, et sinon il sera en enseignement de spécialité. Donc, selon la discipline que vous enseignez, vous allez avoir un groupe qui est soit un groupe de spécialités, soit le groupe classe, et vous aurez un volume horaire, parfois très long, pour les spécialités c'est soix heures, et parfois beaucoup plus court. Une classe, c'est un groupe qui se voit toute la journée. Ce n'est plus le cas au lycée et il faut trouver d'autres moyens de faire du lien. Ça peut être par des temps d'inclusion en début de cours, de clôture en fin de cours, et c'est la deuxième chose dans la posture d'enseignant de lycée, c'est qu'on a tendance à penser que plus les élèves grandissent, vieillissent, plus ils vont être immobiles et silencieux, et que si on n'a pas une classe immobile et silencieuse, alors c'est une classe qui ne travaille pas. Dans votre posture d'enseignant, vous allez avoir plusieurs types de postures : parfois en phase d'observation du groupe classe qui travaille, parfois en posture de remédiation, parfois en posture de médiation ou de remédiation, vous allez être en posture de raconteur ou raconteuse d'histoires. Il y a plusieurs postures et n'hésitez pas à varier ces postures face au groupe classe, de façon à intensifier les apprentissages et à permettre finalement à chaque élève de trouver sa place dans les apprentissages. N'hésitez pas non plus à varier ou à différencier l'espace de la classe, surtout si vous avez toujours la même salle, d'essayer différents types d'agencements de la salle de classe. Donc, vous n'êtes pas obligé d'être face à des élèves qui sont en rang d'oignons face à vous, mais vous pouvez tester des travaux de groupe avec des îlots, une configuration en U si vous voulez travailler l'oral, etc. Votre posture d'enseignant n'est pas forcément celle d'un sachant face à un groupe d'élèves, elle va varier en fonction de vos objectifs d'apprentissage et des compétences que vous voulez travailler. Et n'oubliez pas que dans votre posture d'enseignant, il n'y a pas qu'une posture de transmission, il y a aussi une posture d'éducation, une posture éducative, il vous revient d'animer une vie de classe sereine, vous avez la responsabilité d'un groupe d'adolescents dans laquelle il y a des émotions, des affects, dans des groupes dans lesquels il peut y avoir des conflits. Vous pouvez avoir des soupçons de harcèlement scolaire d'une partie des élèves contre un bouc émissaire, par exemple, et il vous revient d'être attentif au fonctionnement de la classe, de signaler des situations potentiellement conflictuelles, voire, je vous le rappelle, de faire un signalement auprès du CPE si vous avez connaissance de faits qui relèvent du code pénal notamment. Donc, vous êtes aussi responsable de cette animation de la vie de classe et de la régulation des émotions et des conflits au sein de la classe pendant le temps où vous avez les élèves.
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Trois pistes pour améliorer la relation éducative

Diverses études ont mis en exergue un certain nombre de leviers d’action susceptibles de favoriser le bien-être des élèves et sur lesquels un enseignant, même s’il débute, peut agir en classe.

Pratiquer l’enseignement explicite pour accompagner davantage les élèves
Cette méthode, qui vise à guider progressivement les élèves vers plus d’autonomie, se déroule en trois étapes : l’enseignant présente la démarche pour réaliser l’exercice, les élèves la mettent en œuvre, accompagnés par l’enseignant, puis réalisent seuls l’exercice demandé.

Encourager les élèves pour valoriser leurs compétences
L’autonomie, l’estime de soi, la confiance comptent parmi les éléments moteurs de tout processus d’apprentissage. Mettre en avant les qualités et les réussites de ses élèves, et pas uniquement leurs manquements ou erreurs, ne revient pas à se montrer complaisant mais revient plutôt à être juste. L’un ne va pas sans l’autre.

Privilégier l’évaluation formative pour éviter une source de stress aux élèves
Il s’agit d’un processus d’évaluation continu, centré sur l’aide à l’élève et sur sa façon d’apprendre. L’erreur y est utile en tant que marqueur de difficultés à surmonter. Cela permet à l’élève de situer sa progression par rapport à l’objectif visé et de comprendre le chemin qu’il reste à parcourir.

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Climat scolaire, bien-être en classe et apprentissages

Aujourd’hui, l’école ne vise plus uniquement à transmettre des connaissances et des compétences. Elle porte également une ambition humaine : favoriser l’épanouissement des élèves – de leur personnalité, de leurs qualités, de leur créativité, de leur sociabilité –, afin qu’ils s’intègrent au mieux dans la société et vivent pleinement leur vie.

La question du bien-être à l’école tient une part essentielle dans cette approche. D’autant que les études menées à ce sujet ont établi qu’il existe une relation étroite entre un climat scolaire positif et la réussite des élèves. Celle-ci stimule fortement la motivation à apprendre, l’envie de progresser, tout comme la coopération, le respect, la confiance et l’estime de soi. L’un se nourrissant de l’autre : la qualité des apprentissages agit sur le climat scolaire et ce dernier a une incidence sur les apprentissages.

Comment appréhender ce sujet lorsqu’on débute dans le métier ?

Commençons par la théorie. Le bien-être de chacun, petit ou grand, est une question de ressenti. Une question subjective donc. Avec peu d’éléments scientifiques probants à consulter à ce sujet. Sinon que l’appréhension des événements que nous vivons, au travail comme à l’école, se manifesterait à travers quatre dimensions complémentaires : psychologique, cognitive, sociale et physique. Pour comprendre, prenons l’exemple d’un élève et transformons ces éléments en affirmations simples et accessibles :

  • « J’ai envie de venir à l’école » ⇒ psychologique ;
  • « J’aime apprendre et progresser » ⇒ cognitif ;
  • « Je suis épanoui et accepté parmi les autres » ⇒ social ;
  • « Je me sens bien et en sécurité » ⇒ physique.

Ainsi, faute de pouvoir lire dans ses pensées, on peut simplement dire que, si un élève exprime, même intérieurement, ces quatre phrases, c’est qu’il est « bien à l’école ». Naturellement, en changeant quelques mots, ces affirmations pourraient aussi bien formuler le bien-être d’un enseignant : en transformant, par exemple, l’envie de venir à l’école par celle de transmettre un savoir aux autres, le goût d’apprendre par celui de se former, etc.

Pour un enseignant, la relation éducative constitue un espace privilégié pour favoriser ce bien-être. Parce qu’elle juxtapose des moments de communication, d’échanges de savoirs, d’émotions et de pensées, l’élève pourra, à travers le lien humain qu’il entretient avec son enseignant – mais aussi avec ses camarades –, mettre en parole son expérience au monde et se l’approprier. Et, à terme, développer son autonomie et son épanouissement personnel.

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