Climat de classe positif

Chapô
La recherche montre qu’il existe une relation étroite entre un climat scolaire positif et la réussite des élèves. Comment instaurer un cadre favorable aux apprentissages, garant du bien-être des élèves et du vôtre ?
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Un cadre serein à poser

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Créer un climat de classe propice aux apprentissages passe par le fait d’établir un cadre. Par quels moyens pouvez-vous le mettre en œuvre ? Sur quels outils pouvez-vous vous appuyer ? Comment vous positionner dans ce cadre ?

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Il va falloir réfléchir à poser un cadre serein dans votre classe. Pour ma part, l'idée, c'est d'installer des rituels. La force des rituels, c'est extrêmement important pour démarrer le cours. Pour ma part, il y a un timer qui est affiché à l'écran sur lequel je mets trois minutes, et les élèves arrivent au fur et à mesure dans la classe, s'installent, sortent leurs affaires et quand la fin du timer a retenti, ils lèvent le carnet de correspondance. Au collège, on a toujours besoin d'être sûr qu'ils aient bien ce document extrêmement important. Et à ce moment-là, ça y est, on est au travail et ça a à peine duré trois minutes. Ces rituels sont extrêmement importants puisqu'en même temps, ça soulage un peu l'élève qui sait ce qu'il a à faire, ça le rassure et là, vous avez déjà posé votre cadre serein. Après, il va falloir réfléchir à poser quand même un cadre. Alors... poser un cadre, il y a toujours un peu l'idée qu'on pose le cadre d'entrée, on le détaille complètement lors de la première séance, ou alors on agit au fur et à mesure ou on rencontre une difficulté dans le cours et ce cadre va s'établir, on va dire, au fur et à mesure. Le plus important, en fait, au milieu de ce choix, c'est que la règle que vous allez mettre en place dans la classe, les règles que vous allez mettre en place, il faut qu'elles soient simples, compréhensibles pour l'élève, et surtout, qu'elles s'appuient vraiment sur le règlement intérieur. C'est un document, parfois, pas assez exploité : rien n'empêche, en début d'année, de faire un quiz autour de ce règlement intérieur pour mettre véritablement le nez dedans, que les élèves aillent le lire pour savoir exactement ce qu'il comporte. Rien n'empêche de fabriquer avec les élèves une charte des comportements en début d'année, on a participé ensemble à construire le cadre et donc ce cadre, nous allons faire en sorte, ensemble, de l'appliquer. Un élément, aussi, important pour fabriquer un cadre serein, c'est de valoriser la parole de l'élève Et surtout que cet élève prenne assez souvent la parole. Pour cela, il y a le fameux lever de main. Mais c'est intéressant, si vous travaillez en îlots, ou que vous avez des rôles à donner aux élèves. Il y a les rôles de secrétaires. Par exemple, dans mon cours, un élève qui parle obtient une barre de participation marquée sur une ardoise, face à moi, et qui me permet un peu de voir si cette parole a tendance à bien se disperser dans la classe, si tout le monde participe. Mais ça peut aussi être sur des travaux de groupe ou une activité en commun : il va falloir une restitution de la part des élèves et vous avez un ou une élève qui va en être porte-parole. C'est une manière comme une autre de toujours valoriser, justement, ce travail. On peut aussi avoir un oral entre élèves qui ne s'adressent pas à la classe entière, mais où les élèves, entre pairs, vont discuter ensemble. Par exemple, vous leur avez donné des devoirs la veille, ils commencent à les sortir en cours et ils se montrent ce qu'ils ont fait, ils se donnent des conseils, ils découvrent même, parfois, ce que certains et certaines ont pu faire. Pareil sur les travaux de groupe. C'est une manière de favoriser l'échange. Il ne faut pas oublier que les compétences psychosociales, entre autres, sont des compétences évaluées au collège et c'est une manière, encore une fois, d'avoir un cadre très serein pour votre cours. Enfin, pour favoriser ce cadre serein, il y a des postures qui rassurent. Ça va être d'être sensible au niveau sonore : c'est apprendre, aussi, aux élèves, à gérer un peu le bruit. Parce qu'il y a quand même un mythe qu'il faut casser : une classe fait du bruit. Par contre, c'est important de montrer aux élèves comment ce bruit a tendance à être plus ou moins élevé. Il y a des outils qui existent : des outils numériques sur l'ordinateur avec un micro, sur le téléphone portable. Il est important que ces élèves soient sensibilisés à ça parce que là aussi, un cadre serein, un cadre de travail, c'est un cadre dans lequel le bruit ne gêne pas. Et puis, l'autre posture, aussi, qui est rassurante pour des élèves, c'est quand il faut gérer des soucis plus graves venant d'élèves. Là, un des grands conseils est de ne pas vouloir tout régler pendant le cours. C'est de permettre à l'élève qui aurait posé problème de lui donner un choix. Soit on reste dans le cours et on va réussir à faire quelque chose, soit il va falloir en sortir, soit lui donner du temps et reporter à la fin de l'heure la discussion qu'on va avoir avec lui pour revenir sur ce qu'il s'est passé, qu'il puisse le reformuler et permettre au cours de rester fluide, de ne pas commencer à mettre de la colère ou de l'énervement qui casserait, justement, la sérénité qu'on a installée.
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Trois pistes pour améliorer la relation éducative

Diverses études ont mis en exergue un certain nombre de leviers d’action susceptibles de favoriser le bien-être des élèves et sur lesquels un enseignant, même s’il débute, peut agir en classe.

Pratiquer l’enseignement explicite pour accompagner davantage les élèves
Cette méthode, qui vise à guider progressivement les élèves vers plus d’autonomie, se déroule en trois étapes : l’enseignant présente la démarche pour réaliser l’exercice, les élèves la mettent en œuvre, accompagnés par l’enseignant, puis réalisent seuls l’exercice demandé.

Encourager les élèves pour valoriser leurs compétences
L’autonomie, l’estime de soi, la confiance comptent parmi les éléments moteurs de tout processus d’apprentissage. Mettre en avant les qualités et les réussites de ses élèves, et pas uniquement leurs manquements ou erreurs, ne revient pas à se montrer complaisant, mais revient plutôt à être juste. L’un ne va pas sans l’autre.

Privilégier l’évaluation formative pour éviter une source de stress aux élèves
Il s’agit d’un processus d’évaluation continu, centré sur l’aide à l’élève et sur sa façon d’apprendre. L’erreur y est utile en tant que marqueur de difficultés à surmonter. Cela permet à l’élève de situer sa progression par rapport à l’objectif visé et de comprendre le chemin qu’il reste à parcourir.

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Climat scolaire, bien-être en classe et apprentissages

Aujourd’hui, l’école ne vise plus uniquement à transmettre des connaissances et des compétences. Elle porte également une ambition humaine : favoriser l’épanouissement des élèves – de leur personnalité, de leurs qualités, de leur créativité, de leur sociabilité –, afin qu’ils s’intègrent au mieux dans la société et vivent pleinement leur vie.
La question du bien-être à l’école tient une part essentielle dans cette approche. D’autant que les études menées à ce sujet ont établi qu’il existait une relation étroite entre un climat scolaire positif et la réussite des élèves. Celle-ci stimule fortement la motivation à apprendre, l’envie de progresser, tout comme la coopération, le respect, la confiance et l’estime de soi. L’un se nourrissant de l’autre : la qualité des apprentissages agit sur le climat scolaire et ce dernier a une incidence sur les apprentissages.

Comment appréhender ce sujet lorsqu’on débute dans le métier ?
Commençons par la théorie. Le bien-être de chacun, petit ou grand, est une question de ressenti. Une question subjective, donc. Avec peu d’éléments scientifiques probants à consulter à ce sujet. Sinon que l’appréhension des événements que nous vivons, au travail comme à l’école, se manifesterait à travers quatre dimensions complémentaires : psychologique, cognitive, sociale et physique. Pour comprendre, prenons l’exemple d’un élève et transformons ces éléments en affirmations simples et accessibles :

  • « J’ai envie de venir à l’école » ⇒ psychologique ;
  • « J’aime apprendre et progresser » ⇒ cognitif ;
  • « Je suis épanoui et accepté parmi les autres » ⇒ social ;
  • « Je me sens bien et en sécurité » ⇒ physique.

Ainsi, faute de pouvoir lire dans ses pensées, on peut simplement dire que, si un élève exprime, même intérieurement, ces quatre phrases, c’est qu’il est « bien à l’école ». Naturellement, en changeant quelques mots, ces affirmations pourraient aussi bien formuler le bien-être d’un enseignant : en transformant, par exemple, l’envie de venir à l’école par celle de transmettre un savoir aux autres, le goût d’apprendre par celui de se former, etc.

Pour un enseignant, la relation éducative constitue un espace privilégié pour favoriser ce bien-être. Parce qu’elle juxtapose des moments de communication, d’échanges de savoirs, d’émotions et de pensées, l’élève pourra, à travers le lien humain qu’il entretient avec son enseignant, mais aussi avec ses camarades, mettre en parole son expérience au monde et se l’approprier. Et, à terme, développer son autonomie et son épanouissement personnel.

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