Aménager sa classe en maternelle

Chapô
Les aménagements de la classe visent à répondre aux besoins essentiels de l’enfant pour lui permettre de développer des apprentissages. Les différents « coins » ne constituent pas une succession de jolis décors ; ils doivent être pensés comme de réels espaces d’apprentissage.
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La manière dont vous organisez votre classe n’est pas neutre : elle reflète vos intentions pédagogiques. Quels espaces souhaitez-vous mettre à disposition de vos élèves ? Combien d’enfants pourront les utiliser en même temps ? Pour quels usages ? Vous souhaitez travailler avec les enfants des compétences langagières ciblées ? L’espace de jeu symbolique peut être intéressant pour ça. Vous voulez mener des activités de coopération ? L’espace de manipulation semble suffisamment grand pour y accueillir un petit groupe d’élèves dans ce but. À chaque fois, ce sont vos objectifs pédagogiques qui doivent orienter les activités et usages effectués dans tel ou tel espace – et non le contraire.

L’aménagement de votre classe n’est pas figé et est amené à évoluer au fil de l’année. L’espace destiné aux activités graphiques pourra ainsi s’enrichir de propositions en lien avec l’apprentissage de l’écriture, tandis que le coin « cuisine » laissera la place à un espace « épicerie », par exemple. Évitez toutefois les changements trop fréquents : ils seront fatigants pour vous et déstabilisants pour vos élèves qui ont besoin de repères, quel que soit leur âge. Préférez un nouvel aménagement en début ou en fin de période. En y associant vos élèves ou en créant un effet de surprise, l’adhésion n’en sera que plus efficace.

L’usage d’un espace peut changer en fonction de vos besoins du moment. Parfois, ce sont les élèves eux-mêmes qui en détournent la vocation initiale. La table de l’espace destiné à la manipulation peut, par exemple, être utilisée temporairement par des élèves pour une activité qui nécessite d’être assis, mais qui ne relève pas de ce domaine. De même, l’espace de regroupement peut servir, en dehors des temps collectifs, à rassembler un petit groupe d’élèves pour une séance de langage. Soyez flexible et pragmatique afin d’optimiser l’espace et le matériel dont vous disposez en fonction des activités envisagées.

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Fiches de 7 espaces de classe en maternelle
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Précautions d’usage

La classe présentée dans ce document est bien entendu factice.  Elle juxtapose des espaces sans prendre en compte les contraintes de place, d’agencement, de mobilier et de matériel que vous rencontrez dans la réalité. L’objectif n’est pas de montrer une « classe idéale », mais de présenter les usages et caractéristiques de sept espaces spécifiques, courants en maternelle, afin que vous puissiez vous en emparer plus facilement.

  • Espace regroupement (ou de socialisation) .
  • Espace moteur .
  • Espace jeu symbolique .
  • Espace manipulation et découverte .
  • Espace lecture .
  • Espace artistique et culturel .
  • Espace graphique et découverte de l’écrit.

Suivant le niveau de la classe (toute petite, petite, moyenne et grande section) et donc l’âge des enfants, certains espaces peuvent être privilégiés. Il est rare, par exemple, de voir un espace moteur dans une classe de moyenne et grande section. Parallèlement, la découverte de l’écrit sera peu présente en début d’année dans une classe de petite section, au profit des activités graphiques. 

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Quelques conseils pratiques pour organiser votre classe

  • Quelle que soit la disposition choisie, les espaces doivent être agréables, mais aussi fonctionnels : il est primordial que chacun puisse se déplacer facilement et en toute sécurité dans la classe.
  • Voir et être vu. Il est important que vous puissiez voir tous les élèves où que vous soyez dans la classe. De même, il faut que chaque enfant puisse vous voir quel que soit l’endroit où il se trouve.
  • Pensez à prévoir un espace de repos ou de repli (tipi, coussin, etc.) afin de permettre à un enfant de s’isoler quand le besoin s’en fait ressentir.
  • S’il est indispensable que chaque enfant ait une place lors d’une activité ou d’un temps collectif, cela ne signifie pas forcément une place assise – et encore moins une chaise – par élève.
  • Au-delà des espaces eux-mêmes, certaines juxtapositions peuvent être plus ou moins judicieuses (exemple : placer le coin lecture à côté de l’espace moteur). Faites des essais d’organisation pour voir lequel fonctionne le mieux.
  • Réfléchissez au nombre maximum d’enfants fréquentant tel ou tel espace (sécurité, matériel disponible, bruit généré, etc.) afin que ce dernier reste fonctionnel.
  • Prévoyez suffisamment de matériel, pour permettre aux élèves de répéter les apprentissages ou de les réaliser à plusieurs. Pensez aussi à le diversifier pour maintenir l’intérêt toute l’année.
  • Parfois, les élèves détournent d’eux-mêmes la vocation initiale d’un espace. Ne vous en formalisez pas : vous pourriez même y trouver certaines bonnes idées !

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Les affichages dans la classe de maternelle 

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Contrairement aux idées reçues, les affichages en maternelle ne sont pas uniquement décoratifs. À quoi et à qui servent-ils ? Comment les rendre lisibles et accessibles ? Pour quelles raisons sont-ils essentiels, autant pour les élèves que pour renforcer le lien avec les familles ?

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Les affichages dans la classe : il y a à mon avis trois types d’affichage. Il y a tout d’abord les affichages obligatoires, comme le plan d’évacuation, la Charte de la laïcité, le drapeau français, la Marseillaise, les progressions et programmations aussi, et l’emploi du temps de la semaine. Ensuite, il y a tous les affichages destinés aux parents, par exemple l’annonce d’une sortie scolaire, et puis les affichages qui sont dits pédagogiques. Dans ceux-là, il y a deux sortes d’affichage. C’est tout d’abord tous les supports qui vont nous aider à faire la classe, à aider les élèves, qui vont servir d’aide-mémoire, par exemple. Et puis toutes les productions d’élèves qui vont être affichées. C’est vrai qu’à l’école maternelle, on trouve beaucoup d’affichages, il y a beaucoup de couleurs dans les couloirs et les classes en général. Sur ce type d’affichage, les productions d’élèves, ce que j’aime bien, c’est ajouter aussi un petit cartel en explicitant les objectifs d’apprentissage qu’on a travaillés autour de ça, parce que ça aide aussi les parents à comprendre que l’école, ce n’est pas que « on s’amuse à faire du dessin, du coloriage et à jouer », c’est aussi un lieu où on apprend. Et puis ces affichages-là, j’y reviens avec les élèves de temps en temps : « Retrouve ton propre dessin, ta propre peinture, ta propre réalisation. » Et puis ça permet de remettre du langage autour, d’expliciter, de se souvenir de ce qu’on a fait, etc., c’est un élément important aussi pour travailler autour du langage avec eux. Où afficher ? En fait, la localisation. Les affichages destinés aux parents, c’est souvent à côté de la porte, à proximité des accès. Les affichages dans la classe, il y en a de plusieurs sortes. Ce qui est important, c’est que tous les affichages auxquels les élèves doivent se référer doivent pouvoir être accessibles, c’est-à-dire que s’ils sont affichés sur les murs, ils doivent être à hauteur des yeux, pour que l’élève n’ait pas à lever la tête et à chercher non plus où se trouve la référence vers laquelle il doit aller. Quand ce sont les affichages dans les couloirs, la hauteur est plus ou moins fixe en fonction des dispositions des lieux. Un élément que j’aime bien aussi, c’est pouvoir afficher et voir la progressivité. Par exemple, en classe, je fais ce qu’on appelle le « bonhomme du mois » : tous les mois, les élèves dessinent un bonhomme, le bonhomme du mois de septembre, octobre, novembre, décembre… et je les affiche les uns en dessous des autres, ce qui permet à la fois aux parents, mais aussi à l’enfant, de voir la progression dans son geste graphique et de voir l’évolution entre le mois de septembre et le mois de juin, où on constate d’énormes progrès. Et ça, c’est tout de suite visuel, ça permet de voir aussi les progrès des enfants. Donc les affichages, qu’on ait une classe multiniveaux ou une classe simple niveau, c’est important de prendre en compte leur évolution aussi. Par exemple, en petite section, on peut très bien commencer, sur la frise des nombres, à n’afficher que les cinq… 1, 2, 3, 4, 5… et au fur et à mesure de l’année, continuer à construire cette frise numérique. Ensuite, avec les plus grands, on va continuer à la construire et aller beaucoup plus loin dans les nombres. Il y a aussi la co-construction des affichages qu’on peut faire avec les élèves : si on construit, par exemple, un tableau à double entrée, on va pouvoir le compléter au fur et à mesure. Tout comme si on fait des affichages-posters, en sciences, on va pouvoir les faire évoluer, tous ensemble, au fur et à mesure de l’évolution des séances. Et l’affichage, c’est effectivement un côté « bien-être dans la classe », c’est-à-dire que ça donne du peps, ça donne de la gaieté à la classe. Donc il ne faut pas s’interdire d’avoir des affiches de films qu’on a vus, ce genre de choses qui vont donner un peu de décoration à la classe.
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