Installer un climat de classe positif

Chapô
La recherche montre qu’il existe une relation étroite entre un climat scolaire positif et l’amélioration des apprentissages. Quelles règles et rituels mettre en œuvre ? Quelle place pour la communication et l’expression des émotions de chacun ?
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La place du collectif dans les apprentissages 

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La construction du groupe-classe est essentielle pour instaurer une dynamique d’apprentissage efficace. Comment favoriser le sentiment d’appartenance chez de jeunes enfants ? Quels facteurs permettent de renforcer la cohésion du groupe afin de mettre en place un climat favorable aux apprentissages ?

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Concernant la construction du groupe classe, qu'on ait une classe simple niveau, petite section, grande section moyenne section, ou alors une classe multiniveaux, un des éléments, important, c'est l'âge de l'enfant parce que quand on a des grandes sections, l'enfant, ça fait déjà 2 ou 3 ans qu'il est à l'école, alors qu'un enfant de 2 ans, il arrive tout juste à l'école. Les grands vont déjà avoir des copains, ils connaissent les lieux, et un certain nombre de règles de vie à l'école, tandis que les petits, eux, ils découvrent, ils découvrent l'école, ils découvrent le collectif et tout ça fait qu'ils ne vont pas du tout avoir le même comportement. Un petit de 2 ou 2 ans, en fait, il va vouloir s'approprier les choses, il va vouloir être en relation duelle avec l'enseignant ou avec l'ATSEM. Il va aussi… Enfin, il y a plein d'éléments qui ne vont pas faire sens pour lui. Donc ça va être une construction au fur et à mesure des trois années de l'école, sachant qu'un enfant à l'école maternelle, c'est encore un enfant et pas encore un élève. Il va devenir élève tout au long de l'école maternelle. Du coup, faire groupe et puis créer du collectif dans la classe, ça passe par plusieurs éléments. L'un d'eux, c'est avoir une classe de référence, une salle de classe de référence, des adultes référents aussi, auxquels les élèves vont pouvoir s'identifier, avoir toujours le même groupe de copains, qu'ils soient 18, 24 ou 30 élèves, avoir toujours les mêmes enfants avec soi. Et puis, il y a aussi toutes les activités ritualisées. Par exemple le matin, il y a un accueil, ensuite un regroupement, un temps d'activités en motricité, un regroupement, des moments d'atelier, et puis on va en récréation, etc. En fait, un déroulement de classe régulier, ça aide à faire du collectif et puis à prendre sens, aussi, sur les différentes activités de la journée en classe de maternelle. Les autres éléments... c'est le regroupement. Le regroupement, c'est quand on est tous ensemble, regroupés autour de l'enseignant, qu'on soit assis sur des bancs, assis au sol, voire parfois autour d'une table, tous ensemble, pour une activité commune.
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Quelques notions à garder en tête

L’importance du rythme de l’enfant |  La journée se construit en prenant en compte les besoins spécifiques des jeunes enfants. La durée des activités est adaptée à leurs capacités d’attention et de concentration, tout en considérant les contraintes organisationnelles de l’école, comme les horaires de récréation et la disponibilité de la salle de motricité.

Les différents espaces | La salle de classe est organisée pour proposer des activités d’apprentissage variées aux élèves, adaptées à leur âge et évolutives. Les différents lieux de l’école (couloirs, cour, salles d’eau, etc.) sont explorés afin que chacun comprenne ce qu’on y fait et selon quelles règles, pour garantir le bien-être de tous.

Les moments clés d’une journée | L’accueil et le départ des élèves permettent la transition entre le milieu familial et l’école. Les apprentissages se déroulent selon une alternance de modalités (collectif, petits groupes, etc.) et les activités ritualisées jalonnent la journée pour donner des repères aux élèves. Le temps d’activité motrice est incontournable, quel que soit l’âge des enfants. En petite section, il est fréquent de proposer un moment de repos l’après-midi.

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Climat scolaire, bien-être et apprentissages

Aujourd’hui, l’école ne vise plus uniquement à transmettre des connaissances et des compétences. Elle porte également une ambition humaine : favoriser l’épanouissement des élèves – de leur personnalité, de leurs qualités, de leur créativité, de leur sociabilité –, afin qu’ils s’intègrent au mieux dans la société et vivent pleinement leur vie.

La question du bien-être à l’école tient une part essentielle dans cette approche. D’autant que les études menées à ce sujet ont établi qu’il existe une relation étroite entre un climat scolaire positif et la réussite des élèves. Celle-ci stimule fortement la motivation à apprendre, l’envie de progresser, tout comme la coopération, le respect, la confiance et l’estime de soi. L’un se nourrissant de l’autre : la qualité des apprentissages agit sur le climat scolaire et ce dernier a une incidence sur les apprentissages.

Comment appréhender ce sujet lorsqu’on débute dans le métier ?

Commençons par la théorie. Le bien-être de chacun, petit ou grand, est une question de ressenti. Une question subjective donc. Avec peu d’éléments scientifiques probants à consulter à ce sujet. Sinon que l’appréhension des événements que nous vivons, au travail comme à l’école, se manifesterait à travers quatre dimensions complémentaires : psychologique, cognitive, sociale et physique. Pour comprendre, prenons l’exemple d’un élève et transformons ces éléments en affirmations simples et accessibles :

  • « J’ai envie de venir à l’école » ⇒ psychologique.
  • « J’aime apprendre et progresser » ⇒ cognitif.
  • « Je suis épanoui et accepté parmi les autres » ⇒ social.
  • « Je me sens bien et en sécurité » ⇒ physique.

Ainsi, faute de pouvoir lire dans ses pensées, on peut simplement dire que, si un élève exprime, même intérieurement, ces quatre phrases, c’est qu’il est « bien à l’école ». Naturellement, en changeant quelques mots, ces affirmations pourraient aussi bien formuler le bien-être d’un enseignant : en transformant, par exemple, l’envie de venir à l’école par celle de transmettre un savoir aux autres, le goût d’apprendre par celui de se former, etc.

Pour un enseignant, la relation éducative constitue un espace privilégié pour favoriser ce bien-être. Parce qu’elle juxtapose des moments de communication, d’échanges de savoirs, d’émotions et de pensées, l’élève pourra, à travers le lien humain qu’il entretient avec son enseignant – mais aussi avec ses camarades –, mettre en parole son expérience au monde et se l’approprier. Et, à terme, développer son autonomie et son épanouissement personnel.

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