Installer un climat de classe positif en maternelle

Chapô
La recherche montre qu’il existe une relation étroite entre un climat scolaire positif et l’amélioration des apprentissages. Quelles règles et rituels mettre en œuvre au début de l'année ? Quelle place pour la communication et l’expression des émotions de chacun ?
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Climat scolaire, bien-être et apprentissages

Aujourd’hui, l’école ne vise plus uniquement à transmettre des connaissances et des compétences. Elle porte également une ambition humaine : favoriser l’épanouissement des élèves – de leur personnalité, de leurs qualités, de leur créativité, de leur sociabilité –, afin qu’ils s’intègrent au mieux dans la société et vivent pleinement leur vie.

La question du bien-être à l’école tient une part essentielle dans cette approche. D’autant que les études menées à ce sujet ont établi qu’il existe une relation étroite entre un climat scolaire positif et la réussite des élèves. Celle-ci stimule fortement la motivation à apprendre, l’envie de progresser, tout comme la coopération, le respect, la confiance et l’estime de soi. L’un se nourrissant de l’autre : la qualité des apprentissages agit sur le climat scolaire et ce dernier a une incidence sur les apprentissages.

Comment appréhender ce sujet lorsqu’on débute dans le métier ?

Commençons par la théorie. Le bien-être de chacun, petit ou grand, est une question de ressenti. Une question subjective donc. Avec peu d’éléments scientifiques probants à consulter à ce sujet. Sinon que l’appréhension des événements que nous vivons, au travail comme à l’école, se manifesterait à travers quatre dimensions complémentaires : psychologique, cognitive, sociale et physique. Pour comprendre, prenons l’exemple d’un élève et transformons ces éléments en affirmations simples et accessibles :

  • « J’ai envie de venir à l’école » ⇒ psychologique.
  • « J’aime apprendre et progresser » ⇒ cognitif.
  • « Je suis épanoui et accepté parmi les autres » ⇒ social.
  • « Je me sens bien et en sécurité » ⇒ physique.

Ainsi, faute de pouvoir lire dans ses pensées, on peut simplement dire que, si un élève exprime, même intérieurement, ces quatre phrases, c’est qu’il est « bien à l’école ». Naturellement, en changeant quelques mots, ces affirmations pourraient aussi bien formuler le bien-être d’un enseignant : en transformant, par exemple, l’envie de venir à l’école par celle de transmettre un savoir aux autres, le goût d’apprendre par celui de se former, etc.

Pour un enseignant, la relation éducative constitue un espace privilégié pour favoriser ce bien-être. Parce qu’elle juxtapose des moments de communication, d’échanges de savoirs, d’émotions et de pensées, l’élève pourra, à travers le lien humain qu’il entretient avec son enseignant – mais aussi avec ses camarades –, mettre en parole son expérience au monde et se l’approprier. Et, à terme, développer son autonomie et son épanouissement personnel.

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Quelques notions à garder en tête

L’importance du rythme de l’enfant |  La journée se construit en prenant en compte les besoins spécifiques des jeunes enfants. La durée des activités est adaptée à leurs capacités d’attention et de concentration, tout en considérant les contraintes organisationnelles de l’école, comme les horaires de récréation et la disponibilité de la salle de motricité.

Les différents espaces | La salle de classe est organisée pour proposer des activités d’apprentissage variées aux élèves, adaptées à leur âge et évolutives. Les différents lieux de l’école (couloirs, cour, salles d’eau, etc.) sont explorés afin que chacun comprenne ce qu’on y fait et selon quelles règles, pour garantir le bien-être de tous.

Les moments clés d’une journée | L’accueil et le départ des élèves permettent la transition entre le milieu familial et l’école. Les apprentissages se déroulent selon une alternance de modalités (collectif, petits groupes, etc.) et les activités ritualisées jalonnent la journée pour donner des repères aux élèves. Le temps d’activité motrice est incontournable, quel que soit l’âge des enfants. En petite section, il est fréquent de proposer un moment de repos l’après-midi.

Expression des émotions | Les enfants ne gèrent pas la colère ou la frustration de la même manière selon leur âge. En maternelle, cela peut se traduire par de la violence physique, car les petits ont encore du mal à verbaliser leurs émotions. Le dialogue est davantage centré sur l’observation et l’interprétation des comportements. En revanche, en élémentaire (notamment au cycle 2), l’expression devient davantage verbale, car les élèves commencent à mieux maîtriser le langage.

Responsabilisation | Les élèves des cycles 2 et 3 commencent à développer un sens des responsabilités et sont plus sensibles au regard des autres. Cela influe sur leur comportement et leurs réactions s’ils sont en présence de toute la classe, ou seul avec l’enseignant.

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Conseils pratiques pour gérer les conflits à l’école

Comment réagir lorsqu’un incident se produit en classe ou dans la cour, avec un ou plusieurs élèves ? Voici quelques conseils, ressources et formations pour vous permettre d’appréhender les différentes situations que vous pourrez rencontrer.

  • Adoptez une posture juste et équilibrée.  Prenez, si nécessaire, un temps de recul avant d’intervenir, afin d’éviter de réagir sous le coup de l’émotion. Et dans tous les cas, appliquez des sanctions progressives, adaptées à la gravité des faits.
  • Travaillez en cohérence avec l’équipe éducative. Établissez ensemble un cadre commun : comment réagir face à un conflit, comment communiquer avec les familles, quelles sanctions appliquer, etc. ? Puis informez les élèves de ces règles à l’avance (par exemple, en affichant une échelle de comportement en classe).
  • Soyez à l’écoute des élèves.  Ne réglez pas un conflit individuel devant toute la classe : échangez plutôt en privé. Prévoyez, pour cela, un vrai temps d’échanges, que ce soit en classe ou dans la cour. L’écoute active est souvent une clé pour désamorcer les tensions.
  • Proposez plusieurs issues de sortie aux élèves. Laissez toujours une possibilité de choix à l’élève, tout en maintenant le respect du cadre. Par exemple, en cas de refus de travailler, proposez deux options qui permettent de reprendre le cours dans le respect des règles.
  •  Faites preuve d’humilité. Reconnaître une erreur ou une réaction excessive n’est pas un signe de faiblesse. Au contraire, cela ouvre un espace de dialogue et renforce le climat de confiance. Cela montre aussi à l’élève que l’on peut apprendre de ses erreurs, quel que soit son rôle.

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