Prendre en compte la diversité des élèves

Chapô
Dès vos premiers jours, vous verrez que chaque élève est unique, qu’il s’agisse de sa personnalité, de sa condition physique ou de sa facilité ou non à apprendre. Pour autant, votre mission sera de permettre à tous élèves – sans exception – d’avancer dans leur scolarité. 
Contenu

Titre du paragraphe
À chacun son rythme en maternelle

Texte

Dans une classe, la diversité est la norme. Mais comment enseigner à tous, en tenant compte des différences de chacun ? Faut-il personnaliser ou adapter ses supports ? Quels sont les avantages de constituer des groupes hétérogènes en fonction de ses objectifs d'apprentissage ?

Lire la transcription de la vidéo
Transcription
La diversité des élèves en classe, en fait, c'est la norme. Il n'y a pas un élève identique à un autre. Ça, c'est déjà le premier point. L'origine des diversités, à mon avis, il y en a deux. La première, c'est l'âge : en fonction de l'âge, même si chaque élève arrive, déjà, avec des connaissances à l'école et un certain nombre de compétences, en fonction de l'âge, on ne va pas avoir le même type d'élèves. Et le deuxième élément, ça va être la famille, puisqu'en fonction du type de famille, les élèves sont plus ou moins stimulés, donc vont avoir, par exemple, un niveau de langage différent d'un élève à un autre. Alors, comment on gère la diversité dans la classe ? Le premier élément, c'est l'observation : il faut pouvoir observer ses élèves pour savoir ce qu'ils savent faire et ne pas faire. Et à partir de là, pouvoir leur apporter ce qui leur manque, quelque part, et puis les faire progresser et évoluer. Un deuxième élément, ça va être les supports, les matériels qu'on va mettre à leur disposition, parce que, en fonction d'un enfant pas très mobile, pas très habile avec ses mains, si on veut fabriquer un collier de perles, on va plutôt donner des perles avec des gros trous, et pour des élèves un peu plus habiles, un peu plus "avancés", on va prendre des plus petites perles, et peut-être que la consigne va être différente, c’est-à-dire qu'avec eux, on va leur demander d'alterner les couleurs, par exemple bleu, rouge, bleu, rouge ou voir, pour les plus avancés, de faire un algorithme du type rouge, vert, vert, rouge, vert, vert, etc. Ce qui va permettre de différencier, aussi, au niveau de la classe et d'ajuster en fonction du niveau des élèves. Donc, au niveau de la différenciation, de l'ajustement, ça peut être, par exemple, en peinture, la surface de la feuille, le type de pinceau qu'on va donner à l'élève, la consigne, bien entendu, avec les plus grands, les élèves plus avancés, on peut leur demander de représenter des objets, alors qu'avec d'autres, on va simplement leur demander de couvrir la surface. Ça peut être aussi la façon de peindre : avec les plus jeunes, souvent, on les met debout devant un chevalet alors qu'avec des grandes sections, on va leur demander de peindre assis à table. Donc là aussi, le geste ne va pas être le même. Au niveau de la différenciation, par exemple, si je demande à mes élèves de composer leur prénom avec des lettres mobiles, dans un premier temps, je vais leur proposer un support d'aide, c’est-à-dire leur étiquette prénom, pour recopier, en fait, et les aider. Et puis pour l'élève qui y arrive déjà bien, je supprime l'étiquette, donc il va pouvoir composer son prénom de mémoire. Et puis s'il arrive là-dessus à bien faire cette tâche-là, eh bien on passe à la composition d'autres mots qu'on travaille au niveau du vocabulaire. Par exemple, si je travaille le vocabulaire des vêtements, ça va être écrire les mots « écharpe », « manteau », « chaussette », etc. Un autre élément pour gérer la diversité des élèves en classe, ça va être la constitution du groupe. On se pose la question de : « Dois-je faire des groupes hétérogènes ou homogènes ? » Je pense que ça dépend de ce qu'on l'on veut apprendre et enseigner aux élèves. Je préfère de mon côté l'hétérogénéité dans le sens où avoir des élèves déjà avancés, ces élèves-là vont pouvoir tutorer les autres et leur montrer un modèle, quelque part, être modèle et les tirer vers le haut. Donc ça, ça me paraît plus important que d'avoir un groupe homogène. L'ajustement se fait aussi au niveau des critères de validation, de réussite des différentes tâches. Si je reprends l'exemple du collier de perles avec des élèves moins avancés, ça va être juste réussir à faire un collier avec les perles et d'enfiler les perles, avec celui auquel j'ai donné une consigne d'alterner les couleurs, au moment où je vais valider son collier, je vais pouvoir faire deux rétroactions différentes. Avec certains, je vais leur dire : « Là, je vois qu'il y a eu une erreur. À toi de me trouver où est l'erreur et à toi de te corriger. », donc la réflexion d'élève ne va pas être la même que si je dis à l'élève : « Regarde, là, il y a une erreur et je voudrais que tu la corriges. » La diversité, finalement, elle n'est pas si difficile que ça à prendre en compte, dans le sens où ce n'est pas forcément une préparation spécifique pour chaque élève, une individualisation pour chacun, c'est plutôt dans le cours de l'action, en fait, c'est dans l'action, en classe, que ça se passe.
Texte

Quelques réflexes à adopter dès la rentrée

  • Identifiez les élèves qui ont des besoins particuliers « reconnus », pour des raisons :
    • physiques (aveugle ou malvoyant, sourd ou malentendant, élève présentant des troubles moteurs, etc.) ;
    • médicales (diabétique, épileptique, etc.) ;
    • cognitives (élèves présentant des troubles neurodéveloppementaux comme la dyslexie, la dysphasie, les troubles de la sphère autistique, etc.).
    Du fait de cette reconnaissance, ces élèves ont des droits et vous avez des devoirs à leur égard.

  • Prenez connaissance dès que possible des documents institutionnels relatifs aux élèves ayant des besoins éducatifs particuliers afin de savoir quelles actions vous devrez mettre en place auprès d’eux. Pour cela, rapprochez-vous de vos collègues qui sauront vous dire quels plans ou projets concernent ces élèves. Il en existe plusieurs sortes :
    • le PAI : plan d’accueil individualisé ;
    • le PPRE : programme personnalisé de réussite éducative ;
    • le PAP : plan d’accompagnement personnalisé ;
    • le PPS : projet personnalisé de scolarisation.

  • Observez si certains élèves ont des difficultés ou des besoins particuliers « non reconnus ». La reconnaissance des difficultés des élèves s’inscrit dans la durée. Il est primordial de ne pas poser vous-même un diagnostic – qui relève de professionnels de santé – et de dialoguer avec les membres de la communauté éducative à ce sujet. Le cas échéant, il sera utile de référencer par écrit les difficultés remarquées et les premières solutions mises en œuvre.

  • Rapprochez-vous des personnes ressources qui connaissent les élèves concernés : vos collègues, le directeur de l’école ainsi que les membres du Rased (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté) et les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).

  • Instaurez un climat de classe favorable. C’est indispensable pour enseigner dans de bonnes conditions et favoriser les apprentissages de tous les élèves, quels que soient leurs différences et leurs besoins éducatifs particuliers. Pour cela, la bienveillance – privilégier les échanges positifs – et la sécurité sont essentielles, particulièrement lors des premiers contacts avec vos élèves.
Texte

La FAQ de l’école inclusive

Qu’est-ce qu’un projet d'accueil individualisé (PAI) ?
Le projet d’accueil individualisé (PAI) est un document écrit qui précise les adaptations à apporter à la vie de l’enfant ou de l’adolescent en collectivité (crèche, école, collège, lycée, centre de loisirs). Il concerne les enfants et adolescents atteints de troubles de la santé comme une pathologie chronique (par exemple, l’asthme), une allergie, une intolérance alimentaire. Les enfants et adolescents atteints d’une maladie de longue durée (par exemple, un cancer) sont aussi concernés.
Le PAI peut concerner le temps scolaire, mais aussi le temps périscolaire, c’est-à-dire les heures qui se déroulent avant et après la classe, et durant lesquelles un encadrement est proposé aux enfants scolarisés. Il se nomme ainsi parfois PAIP (pour « projet d’accueil individualisé périscolaire »). Votre directeur d’école peut vous fournir le PAI de vos élèves.

Qu’est-ce qu’un PAP ? Quelle est la différence avec un PPRE ? Ou un PPS ?
Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) est un dispositif qui contractualise les aménagements et adaptations nécessaires dans le parcours scolaire pour des élèves qui rencontrent des difficultés liées à un ou des troubles du langage et de l’apprentissage (entre autres, les troubles « dys »). Il concerne aussi bien les élèves du primaire que du secondaire. Le plan personnalisé de réussite éducative (PPRE) est un dispositif d’accompagnement de courte durée pour tous les élèves rencontrant des difficultés de maîtrise des connaissances et compétences scolaires.
Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) est un dispositif qui s’adresse à des élèves reconnus en situation de handicap. Il contractualise les modalités particulières (organisation, matériel et aménagements pédagogiques, etc.) du déroulement de la scolarité en fonction des besoins déterminés, entre autres, par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Il concerne les élèves de tous les niveaux.

Où trouver les documents de suivi de mes élèves ?
Les documents de suivi de vos élèves doivent être adossés aux fiches de renseignements des élèves. Le directeur d’école possède aussi ces documents, il peut vous aider à les retrouver et à en prendre connaissance.
Le livret de parcours inclusif (LPI) a également pu être mis en place pour l’élève concerné. C’est un outil numérique de suivi du parcours des élèves à besoins éducatifs particuliers. Il est consultable par les familles, les personnels de l’Éducation nationale, les professionnels médico-sociaux et les agents des maisons départementales des personnes handicapées.

Quel est le rôle d’AESH ? Comment me positionner par rapport à lui ?
L’accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) est une aide humaine pour un ou plusieurs élèves en situation de handicap, en fonction de son contrat. Cette personne est là pour aider ces élèves, aussi bien dans leurs tâches de vie quotidiennes (déplacements, aides sur les temps de pause) que dans leurs travaux scolaires (prise de notes, aide à l’organisation et à la mise au travail, lecture des consignes, manipulation des objets). Ces missions sont définies dans le projet personnalisé de scolarisation (PPS) de l’élève. L’AESH n’est pas responsable de la pédagogie et ne peut donc pas proposer de lui-même des activités pédagogiques et adapter pédagogiquement le contenu. Il intervient uniquement auprès des élèves qui lui sont assignés. Il est placé sous la responsabilité de l’enseignant.

J’ai un élève avec un trouble neurodéveloppemental de type « dys » : quelles répercussions sur son travail ?
Un élève avec un trouble neurodéveloppemental peut rencontrer différentes difficultés dans la réalisation de tâches scolaires ou quotidiennes, notamment en ce qui concerne le langage oral ou écrit et la mémorisation. Il existe différents types de troubles neurodéveloppementaux : les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie), les troubles de l’acquisition des gestes volontaires (dyspraxie), les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA ou TDAH). Ces troubles ont un impact au niveau de l’attention, de la mémoire de travail et à long terme, de la distractibilité, du temps de traitement des informations et de l’estime de soi. La fatigabilité de ces élèves est à prendre en compte. La double tâche est difficile à réaliser pour eux, quel que soit le trouble.

Qu’est-ce qu’un primo-arrivant ? Un élève allophone ? Comment l’intégrer dans ma classe ?
Lorsque l’on parle d’élève allophone nouvellement arrivé (EANA), on parle de tout élève entré sur le territoire national depuis moins d’un an, maîtrisant une ou plusieurs langues autres que le français, langue de scolarisation. L’élève allophone ne parle pas encore le français assez couramment pour comprendre tout ce qu’il se passe en classe et dans son environnement scolaire.
L’élève non scolarisé antérieurement (NSA) n’a pas les codes de l’école. Il a des compétences dans sa ou ses langues, sa culture. Il est important de savoir que l’adaptation d’un NSA prend du temps, car l’élève découvre à la fois l’école et le système scolaire français. Pour ces élèves, le français langue de scolarisation (FLSco) est la langue utilisée pour construire les savoirs.
Ce public est souvent pris en charge par le Casnav (Centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs) qui le positionne dans le dispositif répondant à ses besoins. Quelle que soit leur structure d’accueil, ces enfants sont suivis par un professeur de FLSco. Celui-ci leur offre un accompagnement langagier et social afin de favoriser leur épanouissement dans l’école et en classe.

Assistance technique