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« Le jeu, c’est le travail de l’enfant », Pauline Kergomard (1838 - 1925),
pionnière de la pédagogie des jeunes enfants et fondatrice de l’école maternelle en France.
Avec le jeu, la posture de l’enfant devient différente : le jeu est une activité qui va de soi pour l’enfant. Il s’engage facilement dans ce qui lui est proposé, s’investit parce que c’est un plaisir de jouer.
Le jeu permet des apprentissages multiples : formels (notamment dans les domaines des nombres, de l’écrit, du langage oral), mais aussi informels et transversaux (respect des règles et des autres joueurs, coopération, prise de décision, créativité, etc.). Et l’on parle là d’apprentissages essentiels pour un enfant : développer son imaginaire, sa capacité à trouver des solutions face à une situation de conflit ou de blocage, à faire équipe avec les autres, à poursuivre un objectif malgré les difficultés, à respecter les consignes, à accepter de perdre, etc. Autant de compétences qui se développent dès le plus jeune âge et lui serviront chaque jour de sa vie future.
En maternelle, il est important d’alterner les séances de jeu dirigé ou semi-dirigé avec du jeu libre.
Car même si, dans le jeu libre, l’élève évolue dans un cadre pensé par vous (dans quel espace de la classe, avec quel matériel, à quel moment de la journée, etc.), il peut en modifier l’agencement ou l’organisation, inventer de nouvelles règles et construire ainsi sa propre expérience. C’est lui qui choisit son jeu et sa manière d’y jouer. Ce qui ne veut pas dire que vous n’avez rien à faire. Même à distance, vous pouvez observer, écouter et prendre l’initiative d’intervenir ponctuellement pour verbaliser avec lui certaines étapes du jeu, débloquer certains conflits éventuels ou apporter un « coup de pouce », en cas de besoin.
VOTRE RÔLE | Pour que le jeu soit un appui pédagogique efficace et pertinent, au-delà d’être une occupation ou une récompense, votre rôle est essentiel ! Bien entendu, vous pouvez capitaliser le plaisir de jouer de l’élève et sa motivation, mais vous devez veiller à ce que cette activité permette de construire des apprentissages. Il est ainsi indispensable d’observer les élèves pendant des séances de jeu, de les accompagner, de susciter des échanges pour mettre des mots sur les notions expérimentées, les stratégies, etc., et de leur proposer des jeux structurés visant explicitement des apprentissages spécifiques.
Exemples : face à la frustration de perdre à un jeu de société, vous êtes là pour aider l’enfant à accueillir ses émotions sans se démotiver, et aider à prendre conscience des stratégies gagnantes. Dans une situation de jeu symbolique, vous intervenez pour préciser les rôles. Dans un jeu de plateau, vous variez les règles en changeant le type de dés utilisés.
Pas besoin de longs discours pour comprendre que le jeu est essentiel chez les enfants de 3 à 5 ans. Mais comment préparer cette activité et la mener en classe pour qu’elle favorise les apprentissages ?
Le jeu peut prendre de multiples formes et avoir lieu à divers moments de la journée. Trois temps sont toutefois particulièrement propices à sa mise en pratique.
L’endroit où les enfants vont jouer dépend du jeu lui-même et de la manière dont est aménagée la classe, avec des espaces destinés ou non à certains types de jeux.
Il existe deux modalités de jeu : le jeu libre ou le jeu dirigé. Comment et pourquoi passer de l’un à l’autre ? Comment encadrer le jeu libre dans la classe en tenant compte de la diversité et de la mixité des élèves ?
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